Entre illustratrices #3 : Karine Maincent

illustratrice-Graphiste.

Juste avant le second confinement, j’ai pu rencontrer Karine Maincent !

Elle habite tout près de mon ancienne école d’arts appliqués où j’ai obtenu mon diplôme de BTS en design de mode en 2003 😳, la fameuse « Ecole de Condé » présente partout en France !

J’arrive dans une chouette maison où le soleil automnal inonde le salon de sa douce chaleur et accentue les tons vifs des sièges recouverts de Wax. On sent tout de suite les empreintes qu’une parenthèse d’un an et demi au Bénin laisse au creux du coeur.

Je suis accueillie par Soline, un bébé qui, dès ses premiers mois, fut le sujet de chroniques illustrées lors du 1er confinement (un régal !). Un café, des cookies tout droit sortis du four (un régal aussi) et une illustratrice au parcours singulier engagent ce début d’interview.

Quel est ton parcours professionnel ? Qu’est-ce qui t’a amenée à l’illustration ?

J’ai suivi des études de graphisme : un DNAP (licence) aux Beaux-Arts de Nancy pendant 3 ans, suivies d’un DNSEP (master) à Amiens pendant 2 ans.

Je suis ensuite revenue à Nancy où je me suis lancée comme graphiste indépendante. J’ai travaillé notamment pour la revue « Spectacles ». J’ai travaillé pendant 6 mois avec des copains, dans leur appart’ en coloc’.

Comment t’es-tu retrouvée au Bénin ?

Je voulais partir à l’étranger. J’ai trouvé un VIA (Volontariat International en Administration) au centre culturel français au Bénin, en tant que graphiste. C’était en 2007. Ce fut la plus belle expérience de ma vie. C’est là-bas que je commence à intégrer l’illustration et la couleur à mes graphismes. Avant le Bénin, j’avais beaucoup plus de difficulté à intégrer la couleur à mon travail !

Cette tranche de vie m’a donnée le sentiment que je pouvais tout accomplir et réaliser mes rêves ! 

A quel moment as-tu décidé de te consacrer uniquement à l’illustration?

L’envie d’illustrer des livres était là depuis mes études… elle s’est concrétisée par une première commande, au Bénin, qui m’a été faite par la Fondation Zinsou. De cette collaboration est né mon premier livre « Petit Pays ». La couveuse  « Pacelor » m’a aidée à créer et installer mon studio de graphisme et d’illustration, le Studio Tokpa. Ce fut un véritable tremplin !

Peux-tu me parler des livres que tu as illustrés ?

C’est en 2017, grâce à l’invitation des éditions « Kilowatt » que je concrétise ce rêve et que cela me permet d’envisager de développer mon envie d’illustrer des livres ! L’éditrice avait eu un projet de thèse au Bénin ! Cette coïncidence nous a rapprochées et nous nous sommes rencontrées. « Vélo » raconte l’histoire de la bicyclette de sa création à nos jours.

En 2019, je démarche plusieurs maisons d’édition car je prévois quelques jours à Paris. Je décroche des entretiens et trois projets d’un coup  dont « Sadiatou » chez « Mango Jeunesse » ! Le livre raconte l’histoire d’un enfant du Burkina Faso.

Quels sont tes projets du moment ?

J’ai commencé une série d’albums sur les différents instruments de musique aux Editions « Ricochet ». Le premier livre « La guitare Star »est sorti cette année, et la suite est prévue en 2021.

D’autres projets verront le jour avec « Kilowatt ».

Quel est le projet qui t’a le plus marquée ?

« Les Migrateurs », chez Kilowatt, parle des migrations humaines. C’est un sujet d’actualité qui me touche beaucoup. Et puis, avec l’éditrice, nous avions envie d’ une contrainte : illustrer avec seulement 3 couleurs ! Cela m’a beaucoup plu !

Quelles sont tes techniques ?

J’aime créer des petits éléments à la gouache et aux crayons de couleur. Je scanne mon travail et finalise le tout sur Photoshop. J’aime beaucoup jouer avec les différents points de vue, le cadrage et la composition.

Quelles sont tes inspirations, tes influences, les illustrateurs que tu admires ?

Je rêve beaucoup… le voyage, le quotidien m’inspirent. Les films de Jacques Tati : son esthétisme et sa poésie me touchent. L’architecture des années 50 de Royan, les motifs d’un tissu acheté sur le marché de Cotonou, les maquettes de Junya Ishigami exposées durant l’été 2018 à la Fondation Cartier.

Dans la section jeunesse, j’ai eu récemment un gros coup de coeur pour Claire Lebourg, Anne Herbauts, j’aime le collage et l’expérimentation graphique qu’elle pratique. Emma Adbage et Albertine pour la poésie de leurs images aussi !

Merci Karine pour cet échange enrichissant 🙂 Vous pouvez découvrir son travail ICI !

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